En rétablissant ses relations avec l’Iran, le Canada doit tenir compte des droits de la personne

En rétablissant ses relations avec l’Iran, le Canada doit tenir compte des droits de la personne

Université d'Ottawa
OTTAWA, LE 28 NOVEMBRE 2016, (SCNB)

Dans le contexte du rétablissement de ses relations avec l’Iran, il est nécessaire que le Canada accorde une place importante aux droits de la personne. Voilà un thème qui est ressorti à maintes reprises d’une table ronde tenue le 22 novembre dernier à l’Université d’Ottawa. La table ronde avait été organisée par le Centre d’études en politiques internationales de l’Université d’Ottawa, la publication Web OpenCanada.org, et la Communauté bahá’íe du Canada.   

Selon Michael Petrou, un journaliste canadien primé, spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et de l’Iran, « Pour que le Canada reprenne ses relations avec l’Iran avec honnêteté et lucidité, il faut que les droits de la personne soient une considération centrale. Les exécutions et autres violations des droits de la personne se sont multipliées depuis l’élection du président Rouhani, malgré les promesses de réformes. »  

Maryam Nayeb Yazdi, une activiste canadienne en matière de droits fondamentaux, a fait écho aux propos de M. Petrou, au sujet de l’intensification des violations des droits de la personne en Iran ces quatre dernières années, disant qu’il y a un nombre inacceptable d’exécutions, environ 1 000 cette année, et que la persécution des minorités se poursuit, y compris celle de la communauté bahá’íe.

Le professeur Thomas Juneau de l’Université d’Ottawa a expliqué qu’il allait être très difficile pour le Canada de rétablir ses relations diplomatiques officielles avec l’Iran. Il a insisté pour dire que le rétablissement des relations ne pouvait pas s’en tenir à la réouverture d’ambassades, mais qu’il devait aussi inclure toute une gamme de politiques étrangères, incluant les politiques économiques et commerciales.  

Environ 70 personnes, incluant des députés libéraux et conservateurs, des agents actuels ou retraités des services extérieurs, et d’autres observateurs en matière de politique étrangère, ont participé à la discussion qui s’est déroulée sous le thème « Le test de Téhéran: comment les droits de la personne en Iran mettent l’approche de la politique étrangère canadienne à l’épreuve ». Eva Salinas, rédactrice en chef d’OpenCanada.org, un site Web sur les affaires internationales, qui animait la table ronde, a demandé « Le Canada, peut-il faire des droits de la personne une condition du rétablissement de ses relations? », résumant ainsi les points de vue exprimés à la fois par les conférenciers et le public.  

Récemment, le Canada a coparrainé la résolution annuelle des Nations Unies sur la situation des droits de la personne en Iran. Le Canada prend cette initiative depuis 2002. Cette année, la résolution a été coparrainée par 41 autres États et a reçu l’appui de 85 États membres. Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a dit que l’adoption de cette résolution montrait que « le Canada et la communauté internationale sont toujours très inquiets du manque de respect pour les droits fondamentaux de toute la population en Iran. Le Canada exige que le gouvernement de l’Iran respecte ses obligations en matière des droits de la personne. »

Vers la fin de la discussion avec le public, il était devenu clair que le rétablissement des rapports avec l’Iran en était encore à des étapes préliminaires et que les changements substantiels dans la nature de cette relation étaient encore lointains. La question de savoir comment, dans ses rapports avec l’Iran, le Canada abordera le respect des droits fondamentaux et l’amélioration du traitement fait à un si grand nombre de ses citoyens, y compris les bahá’ís, demeure épineuse.

À la fin de la table ronde, Maryam Nayeb Yazdi a conclu en demandant que l’on continue de sensibiliser le public au bilan déplorable du gouvernement iranien en matière des droits de la personne, et que le gouvernement canadien exige des comptes à l’Iran sur son comportement inacceptable envers ses citoyens, ajoutant qu’ils méritent un gouvernement qui défend l’état de droit et la justice.