Espace citoyen 6 degrés bâtit des ponts et abat des murs

Espace citoyen 6 degrés bâtit des ponts et abat des murs

TORONTO, 6 OCTOBRE 2017, (SCNB)

« Un océan peut être un mur, un désert peut être un mur, mais le mur le plus difficile à surmonter est celui qui se trouve dans notre coeur, car nous sommes tous des êtres humains », affirmait Regina Catrambone, cofondatrice de l’organisation Migrant Offshore Aid Station [poste côtier d’aide aux migrants].

Voilà une des remarques qu’on a pu entendre lors d’une conférence « Espace citoyen » de trois jours, organisée par l’Institut pour la citoyenneté canadienne (ICC) au Musée des beaux-arts de l’Ontario, du 25 au 27 septembre 2017.

Présidée par la très honorable Adrienne Clarkson, 26e Gouverneure générale du Canada, et John Ralston Saul, essayiste et romancier, la conférence réunissait des personnes de points de vue divers, venant du Canada et de l’Europe, afin de réfléchir à la portée des murs, des foyers et des ponts - dans le contexte de la quête « d’un nouveau langage et d’une nouvelle pensée », pouvant créer une culture d’inclusion.

« Les questions qui ont été soulevées par les participants étaient les mêmes que celles qui préoccupent bien des gens aujourd’hui : Comment pouvons-nous créer une société plus équitable et plus inclusive, où les citoyens ont une voix et un rôle à jouer? », affirmait Geoffrey Cameron, chercheur principal de la Communauté bahá’íe du Canada.   

Un des aspects de la conférence était la participation d’un certain nombre de jeunes boursiers 6 degrés, qui reçoivent de l’aide pour mener à bien des projets qui favorisent l’inclusion dans leur communauté. Parmi eux, il y avait notamment Sara Alavian, une étudiante en médecine à l’Université McMaster, qui est aussi membre de la communauté bahá’íe. En collaboration avec Skye Collishaw, elle coproduit un podcast qui explore la portée des environnements urbains sur l’état de santé des populations marginalisées.   

La conférence Espace citoyen a commencé avec une cérémonie de citoyenneté durant laquelle plusieurs participants se sont joints à de nouveaux Canadiens pour réaffirmer leur citoyenneté devant la très honorable Beverley McLaughlin, juge en chef du Canada.

Le professeur Michael Sandel a ensuite prononcé le discours LaFontaine-Baldwin, intitulé « De quoi souffre la démocratie? » Comme d’habitude, et d’une manière très appréciée par le public, il a engagé le dialogue avec son auditoire, lui demandant si la citoyenneté devrait être vendue au plus offrant ou si, au contraire, les frontières devraient être ouvertes sans restrictions. Se servant donc de cette méthode participative, il a échangé avec son auditoire, l’invitant à considérer toutes les implications des valeurs et des principes qui lui sont chers sur l’organisation des sociétés, et lui a, plus particulièrement, demandé s’il devrait y avoir des limites à la responsabilité des marchés pour déterminer la forme des sociétés et de leurs politiques.

Une grande partie de la conférence avait une forme participative, car elle visait à créer des espaces de conversations. On espérait ainsi que de nouvelles observations pourraient émerger et que seraient décrites les expériences de personnes qui ont acquis un sentiment d’appartenance, dans cet âge de transition. À la suite d’une conversation qui a examiné les « murs » qui empêchent les gens d’avoir un sentiment d’appartenance et d’inclusion, le chef Stacey LaForme a fait remarquer qu’il s’agissait là de symptômes, ajoutant que : « nous ne pourrons pas avancer tant que nous ne verrons pas les racines du problème - nous avons besoin d’une vision, d’une vision mondiale. »    

L’ancien directeur général d’Al Jazeera, Wadah Khanfer, a fait remarquer que de nombreux facteurs font que bien des gens trouvent progressivement plus difficile d’identifier leur chez-soi à un lieu particulier. « On est chez soi là où on devient un être humain, au sein d’un ensemble de valeurs qui nous libèrent des chaînes du matérialisme et des intérêts. Nous devons empêcher que notre avenir soit dicté par notre présent. Nous devons avoir le courage d’imaginer d’autres avenirs », a-t-il affirmé.    

Fabrice Vil, directeur chez Pour 3 Points, a ajouté que nous devons admettre que notre humanité commune est un point de départ à partir duquel nous pouvons bâtir des ponts. Ce sentiment était partagé par le professeur Niigaan Sinclair, de l’Université du Manitoba, qui a affirmé que, d’un autre point de vue, « les ponts ne sont pas une question de droits et de libertés, ils sont plutôt une question de relations familiales et de responsabilités collectives. » Ashraf Rushdy, chargé de projets à la Communauté bahá’íe du Canada, a mis cette idée en valeur durant la période « café » de la conférence. « Notre discours public au sujet de l’avenir politique tend à tourner autour de « la droite » et de « la gauche », comme si elles étaient des positions cohérentes. Comment pouvons-nous élaborer une discussion publique plus nuancée, en évitant de réduire la discussion à des distinctions binaires entre « nous » et « eux »?    

Durant une séance en petits groupes sur la diversité dans les médias, on a demandé comment la presse pourrait mieux refléter la diversité de son public. Eva Salina, directrice de la rédaction chez OpenCanada.org, a demandé « Comment peut-on présenter les gens non pas comme les sujets de nos articles, mais plutôt comme des acteurs dans leur propre histoire? » Les membres de l’auditoire étaient aussi d’accord pour dire qu’il ne suffit pas de représenter les divers groupes pour créer l’inclusion, mais que les diverses voix doivent contribuer à influencer le discours public.

Durant le dernier forum de la conférence, un certain nombre de participants ont réfléchi à ce qu’il faudrait faire pour continuellement faire progresser la conversation sur l’inclusion, au-delà de la conférence. Un des conférenciers a dit qu’il faudrait s’entendre sur les grands points d’unité à l’échelon de la vision, même si nous ne nous entendons pas nécessairement sur les moyens à prendre pour y arriver. M. Rushdy a ajouté que « nous devons élargir le cercle et la conversation » en « énonçant plus explicitement les éléments du cadre de référence conceptuel qui pourrait nous aider à avancer ensemble ».

Vous trouverez dans l’article suivant, sur storify.com, un article qui présente un point de vue sur les points saillants de la conférence.